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A vous les coeurs

Posted by starweb on nov 19, 2009 in Poemes
 
 

dois je parler au larmes
dois je écouter le calme
dois je sourire au drame
à vous les coeurs

 

qui sont ces méchants
où sont passés mes chants
ces paroles trop tranchant
à vous les coeurs

 

j'ai passé la barrière
j'ai oublié ma carrière
j 'ai bu de la rivière
à vous les coeurs

 

faire parler les pages
où demander aux sages
c'est faire le monde à la nage
à vous les coeurs

 

sortir rentrer comme tu veux
écrire ou lire ces voeux
blanchir faire tomber les cheveux
à vous les coeurs

n'écoutez pas les menteurs
n'oubliez pas les malheurs
je réparerais les casseurs
à vous les coeurs

 

ta foi ton coeur sont sorties
ton âme soufre tes gentil
ton rôle ton acte est bâtie
à vous les coeurs



courage je vous comprends mes petits
la guerre la paix sont parties
y 'a que du khayr j'ai investie
à vous les coeurs
 
 
 

 
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Du'a – En rentrant chez soi

Posted by starweb on nov 18, 2009 in Douaa






assalamu alaykum wa rahmattullah wa barrakattuh




D’après Abu Mâlik al-Ach3ari


L’Envoyé d’Allah a dit :


Lorsqu’un homme revient à sa maison, qu’il dit :

Allâhoumma inni aç-alouka


khayr al-Mawlaja wa khayr al-Makhraja


Bismi llâhi walajnâ,


wa Bismi llâh kharajnâ,


wa 3ala Allâhi ttawakkalnâ

Puis, qu’il passe le Salam à sa famille.
Rapporté par Abu Dawud


 

Trad :

Ô Seigneur Allâh,
je Te demande la meilleur entrée

ainsi que la meilleur sorti,
Par le Nom d’Allâh nous rentrons,
et par le Nom d’Allâh nous sortons
Et c’est en Allâh que nous nous remettons

 
En arabe :

إذا ولج الرجل بيته فليقل :

اللهم إني أسألك خير المولج وخير المخرج
بسم الله
ولجنا وبسم الله خرجنا
وعلى الله ربنا توكلنا


ثم ليسلم على أهله

 

 
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Islamic animation

Posted by starweb on nov 17, 2009 in Islamic animation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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Sîra – Notre Prophète Muhammad le Courageux

Posted by starweb on nov 17, 2009 in Divers

assalamu alaykum wa rahmattullah wa barrakatuth

MOHAMMED

LE COURAGEUX :

Les faits qu'on rapporte, à ce sujet, sont plus clairs que l'apparition du soleil en plein jour; il avait, en effet, le coeur le plus ferme d'entre les hommes; il était comme une montagne inébranlable; il ne craignait ni menace ni intimidation; il n'avait peur ni des obstacles ni des crises et il n'était secoué par aucun événement ou infortune; il a mis ses affaires entre les mains de son Seigneur et a mis sa confiance en Lui; il a accepté Ses décrets, s'est su! ffi de Son assistance et s'est satisfait de Sa promesse; il dirigeait - que la Paix et le Salut soient sur lui - les batailles, lui-même et luttait avec sa noble personne; il s'exposait aux risques et même ! à la mort, sans crainte ni peur; il n'a jamais fui lors d'une bataille et n'a jamais reculé d'un pas, même lorsque la bataille atteignait son paroxysme et que la mêlée devenait générale; dans ces moments cruciaux, il était le plus proche, parmi ses compagnons, du danger; il leur arrivait, parfois, de se mettre à couvert, tandis que lui, restait ferme et inébranlable; il ne se laissait nullement impressionner par les ennemis même lorsque leur nombre est important et il ne prêtait aucune attention à l'adversaire même lorsque celu! i-ci est puissant; bien plus, il alignait les rangs, encourageait les combattants et prenait leur tête.

Le jour de Honeïne, les gens s'enfuirent, et il ne resta que lui avec six autres compagnons, fermes et inébranlables; il reçut alors la révélation:
 

« Combats donc dans le sentier d'Allah, tu n'es responsable que de toi-même,
et incite les croyants au combat ».

Sourate 4 : Les femmes (An-Nisa') verset 84.
 

Sa poitrine était exposée aux épées et aux flèches; les héros se faisaient tuer devant lui et les guerriers se faisaient égorger devant ses yeux, tandis qu'il avait le visage souriant et l'âme apaisée.

Il a même été blessé au visage et ses dents ont été cassées, tandis que soixante dix de ses compagnons ont été tués, mais il n'a jamais faibli ni ne s'est découragé en aucune manière; bien plus, il était plus tranchant qu'une épée. Le jour de Badr, il s'est distingué dans la bataille qu'il a mené lui-même; il a mis sa vie en danger et a frôlé la mort à plusieurs reprises; il était le premier à répondre à l'appel du djihâd; bien plus, c'était lui qui avait institué le djihâd et qui incitait les musulmans à le faire.

Le jour d'El-Khandaq, les clans se sont coalisés contre lui et l'ont encerclé de tous les côtés; la situation avait atteint alors un seuil critique, les regards étaient troublés et les coeurs remontaient aux gorges; les croyants étaient secoués profondément et on faisait sur Allah  ! - Exalté soit-Il - toutes sortes de suppositions. Il s'est levé - que la Paix et le Salut soient sur lui - alors ! et s'est mis à prier et à invoquer son Seigneur jusqu'à ce qu'Il lui apporta Son assistance et qu'Il fit échouer le complot de ses ennemis en leur envoyant une tempête et des soldats invisibles qui les dispersèrent et les firent fuir dans l'humiliation.

Le jour de Badr, les gens dormirent, tandis que lui, resta éveillé, en priant et en invoquant son Seigneur en Le suppliant de leur apporter Son assistance et Son secours. Il était un imâm ô combien courageux et brave! Aucun être humain ne peut atteindre sa force d'endurance et sa bravoure; il est le brave et le héros sans conteste en qui se sont complues les caractéristiques de la bravoure et en qui se sont réalisées les dispositions naturelles du courage e! t de la ténacité; n'est-ce pas lui qui disait:

« Par Celui qui tient mon âme entre Ses mains, j'aurais voulu mourir au service d'Allah, puis ressusciter et mourir de nouveau… ». Rapporté par El-Bukhâri (36, 2797) et Muslim (1876) d'après Abû Huraïra

 

MOHAMMED

LE RENONCANT

AUX CHOSES DE CE MONDE  :

 

Son renoncement venait du fait qu'il était convaincu que ce monde était éphémère et que ses plaisirs étaient peu nombreux, tandis que le monde de l'au-delà est éternel et que sa félicité ne prendra jamais fin. Ce faisant, il a refusé de prendre de ce bas monde plus que la nécessité de manger à sa faim et de boire à sa soif, bien que ce bas monde est venu à lui, offert et embelli. En effet, s'il avait voulu que les montagnes ! de ce bas monde deviennent de l'or et de l'argent, il aurait été exaucé; mais il a préféré l'ascétisme et le renoncement; il lui arrivait, en effet, de dormir, le ventre vide, et il lui arrivait de passer tout un mois sans que le feu ne s'allume dans sa maison; il lui arrivait, aussi, de passer des journées entières sans trouver des dattes pour assouvir sa faim; il ne s'est jamais rassasié de pain d'orge pendant trois jours consécutifs; il dormait sur une natte de fibres de palmier qui laissait des traces sur ses côtés; il s'attachait ! une pierre sur le ventre lorsque la faim le tenaillait et il arrivait à ses compagnons de voir se refléter les signes de la faim sur son visage. Sa maison était faite de terre battue; elle était d'égales dimensions et son toit était très bas; en outre, il avait mis son bouclier en gage chez un juif en contrepartie d'une quantité de trente mesures d'orge; il lui arrivait de s'habiller seulement d'une tunique et d'un manteau; ses compagnons lui envoyaient, parfois, de la nourriture, lorsqu'ils savaient qu'il en avait besoin; tout cela, il le faisait pour s'él! ever au-dessus des passions et des plaisirs de ce bas monde, pour apprendre à son âme à se maîtriser, pour préserver sa religion, pour que sa récompense reste complète auprès de son Seigneur et pour que se concrétise pour lui la promesse de son Seigneur:

« Ton Seigneur t'accordera certes (Ses faveurs), et alors tu seras satisfait ».

Sourate 93 : Le jour montant (Ad-Duha) verset 5.

Il distribuait les biens aux gens sans en prendre un seul dirham; il partageait les chamelles, les vaches et les brebis entre les compagnons, les disciples et ceux dont on voulait gagner les coeurs sans en prendre une seule chamelle, une seule vache ou une seule brebis; bien plus, il disait:

« Si j'avais des biens comme les arbres de Tuhâma,
je les aurais distribués et on ne me trouvera ni avare, ni menteur ni lâche »
Rapporté par Mâlek dans le Muwatta (977) et Ettabarâni dans El-Awsat (1864).

« Lorsque des montagnes élevées changées en or,
s'offrirent à lui pour le séduire;
avec quel dégoût il s'en détourna ».

Il était - que la Paix et le Salut soient sur lui - l'exemple parfait de celui qui cherchait la quête de l'au-delà et le renoncement ! à ce bas monde vers qui il ne se tournait même pas pour jouir de ses délices ou profiter de ses faveurs; en effet, il ne s'est jamais bâti un palais, il n'a jamais épargné de l'argent, il n'avait aucun trésor et aucun jardin dont il tirait bénéfice: il n'a pas laissé de jardins ou de champs, lui qui disait:


« Nous ne laissons rien en héritage;
tout ce que nous laissons est une aumône »
Rapporté par El-Bukhâri (3093, 3712) et Muslim (1754).

Il appelait avec ses paroles, ses actes et sa situation au renoncement en ce bas monde et à la préparation pour l'au-delà.

Lui qui était l'imâm des musulmans, le chef des croyants et le meilleur de tous les hommes, il habitait une maison faite en argile, il dormait sur une vieille natte et mangeait de simples dattes pour assouvir sa faim, et parfois se contentait du seul lait.

Bien plus, il lui a été donné le choix de devenir roi et prophète ou simple serviteur et prophète, et il a choisi d'être serviteur et prophète, se rassasiant un jour et ayant faim un autre jour, jusqu'à ce qu'il rencontre son Seigneur.

Parmi les preuves de son renoncement à ce bas monde, il y a sa générosité et sa libéralité, comme nous l'avons vu plus haut. En effet, il ne refusait jamais une chose à un pauvre et ne rejetait jamais celui qui lui demandait quelque chose; il disait que ce bas monde ne valait pas, aux yeux d'Allah  ! - Exalté soit-Il -, l'aile d'une moustique; il disait:
 

« Sois en ce bas monde comme un étranger ou un voyageur ».
Rapporté par El-Bukhâri (6416) d'après Ibn 'Amer.
 

On rapporte qu'il a dit :

« Renonce à ce bas monde et Allah  - Exalté soit-Il -
t'aimera et renonce à ce que les gens possèdent et les gens t'aimeront».
Rapporté par Ibn Mâdja (4102) et Ettabarâni dans El-Kabîr (10522)
et El-Hâkem (7833) d'après Sahl Ibn Sâ'd Essa'ïdi.

 

Il a dit aussi:

« Qu'ai-je à voir avec ce bas monde ? Mon exemple et celui de ce bas monde est comme l'exemple d'un homme qui s'est assoupi à l'ombre d'un arbre puis s'est relevé et a continué sa route». Rapporté par Ahmed (3701, 4196), Ettermidhî (2377) et Ibn Mâdja (4109) d'après 'Abdullah Ibn Mass'ûd.


II a dit également :

« Ce bas monde est maudit et tout ce qui s'y trouve est maudit, à l'exception de l'évocation d'Allah et de ceux qui le prennent comme allié et des savants ou de ce qui apprennent la science». Rapporté par Ettermidhï (2322) et Ibn Mâdja (4112) d'après Abî Huraïra.

II a dit de même :

« Tu n'as droit dans tes biens que ce que tu manges et tu consommes, ce dont tu t'habilles et tu uses et que ce que tu donnes en aumônes et que tu épargnes ». Rapporté par Mouslim ( 2958 ).


 
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al-Iman – Se préserver de l'anthropomorphisme

Posted by starweb on nov 15, 2009 in Divers



assalamu alaykum wa rahmattullah wa barrakattuh

Est-il admissible pour un musulman de penser qu’Allah est dans le Ciel au sens littéral?

Réponse du Chaykh Nuh Ha Mim Keller


Non. Le sens littéral d’être « dans le ciel » impliquerait qu’Allah Exalté soit-Il - soit en fait dans l'une de Ses créatures, car le ciel est une chose créée. Il n’est pas permis de croire qu’Allah - Exalté soit-Il - réside ou occupe (en Arabe « hulul ») une quelconque de Ses créatures, comme les Chrétiens le pensent pour Jésus - paix sur lui - ou les Hindouistes pour leurs avatars.

Ce qu’il est indispensable de savoir pour un être humain, c’est qu’Allah - Exalté soit-Il – est « ghaniyy » ou « absolument libre de tout besoin ! » [indépendant] de toute chose qu’Il a créée. Il déclare explicitement dans la sourate al-Ankabout du Saint Qur'an :


« Certes Allah peut Se passer de tout l'univers. »
Sourate 29 : L'araignée (Al-Ankabut) verset 6

Allah  - Exalté soit-Il - mentionne Son attribut de « Ghina » ou « indépendance vis-à-vis de tout ce qui est créé » dans quelques dix-sept versets du Qur'an. C’est un point central de la ‘aqida ou dogme islamique, et c’est la raison pour laquelle il est impossible qu’Allah  - Exalté soit-Il - soit en Jésus - paix sur lui - ou dans qui que ce soit d’autre ayant une forme ou un corps : car les corps dépendent de l’espace et du temps, alors qu’Allah - Exalté soit-Il - ne dépend d’aucune chose, et n’a besoin de rien. Ceci est la ’aqida du Qur'an, et les savants musulmans ont gardé cela à l’esprit pour interpréter d’autres versets ou hadiths.

Si les musulmans lèvent leurs mains vers le ciel quand ils font des supplications [demandes, invocations] (du’a) à Allah  - Exalté soit-Il -, c’est parce que le! ciel est la qibla pour les du’as, et non parce qu’Allah  - Exalté soit-Il - occupe cette direction particuli&egra! ve;re ; et ce de la même façon que la Kaaba est la qibla de la prière (salat), sans pour autant que les musulmans ne croient que c’est dans cette direction qu’est Allah. En fait, Allah  - Exalté soit-Il - dans Sa Sagesse a fait de la qibla un signe (ayah) de l’unité des Musulmans, de la même façon qu’il a fait du ciel un signe de Sa Transcendance et de Son infinie Immensité, et cette signification se manifeste dans le cœur de tout croyant simplement en regardant le ciel quand il supplie Allah  - Exalté soit-Il -.

Cela faisait partie de la Sagesse Divine d’inclure ces formulations dans la sunna prophétique afin d'élever spirituellement les cœurs des gens qui les entendirent en premier, et de les orienter vers la Transcendance et l’Immensité d’Allah  - Exalté soit-Il - par le plus grand et le plus concret des signes physiques de ces attributs : le ciel visible qu’Allah  - Exalté soit-Il - a élevé au-dessus d’eux. Beaucoup d’entre eux, surtout quand ils venaient tout juste de sortir de la jahiliyya ou « période de l’ignorance préislamique », étaient très attachés aux réalités physiques et perceptibles, et avaient du mal à conc! evoir quoi que ce soit au-delà, comme cela est attesté par leurs idoles qui étaient des images posées ou élevées sur le sol. Omar Ibn al-Khattab - qu'Allah soit satisfait de lui - mentionne, par exemple que durant la jahiliyya, ils pouvaient construire leu! rs idoles avec des dates, et plus tard lorsqu’ils avaient faim, les manger tout simplement. Le langage que le Messager d’Allah - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - utilisa pour faire accepter à de tels gens la Transcendance d’Allah le Très Haut était bien entendu composé de termes qu’ils pouvaient comprendre ! sans difficulté, et il utilisa l’image du ciel au-dessus d’eux. L’imam al-Qurtubi, le célèbre exégète du Qur'an du septième/treizième siècle a dit :

Les hadiths à ce sujet sont nombreux, rigoureusement authentiques, et bien connus ; et ils indiquent La Transcendance d’Allah, qui ne peut être reniée par quiconque à part un athée ou un ignorant obstiné. Leur but est d’attribuer la dignité à Allah et de L’élever au-dessus de tout ce qui est inférieur et bas, de Le caractériser par l’Exaltation et la Grandeur, sans lui attribuer un endroit ou une direction particulière car ce sont des caractéristiques des corps physiques. (Al-Jami li ahkam al-Qur'an. 20 vols. Le Caire 1387/1967. Edition (20 vols en 10). Beyrouth : Dar Ihya al-Turath al-Arabi, n.d., 18.216).

A cet article, un hadith, rapporté par Malik dans son Muwatta’ et par Muslim dans son Sahih, dit que Mu'awiya ibn al-Hakam est venu dire au Prophète - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - :

« Je sors à peine de la jahiliyya, et maintenant Allah m’a amené à l’Islam, » puis il lui posa diverses questions sur des pratiques de la jahiliyya, jusqu’à ce qu’il dise qu’il avait giflé sa jeune esclave, et demanda s’il devait la libérer, ce qui était obligatoire si elle était croyante. Le Prophète que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – demanda qu’on la lui amène, et lui demanda : « Où est Allah ? » et elle répondit « Dans le ciel (Fi al-sama) » ; après quoi il demanda : « Qui suis-je ? » et elle dit : « Tu es le Messager d'Allah » ; et il dit : « Libérez la, car c’est une croyante » (Sahih Muslim, 5 vols. Le Caire, 1376/1956. Edition. Beyrouth : Dar al-Fikr, 1403/1983, 1.382: 538)

L’Imam al-Nawawi dit de ce hadith :

Ceci est l’un des « hadiths des attributs » à propos duquel les savants ont deux positions :
– La première est d’avoir foi en ce hadith sans en discuter le sens, tout en sachant à propos d’Allah que :


« Il n'y a rien qui Lui ressemble »
Sourate 42 : La consultation (Al-Shura) : verset 11

et qu’Il transcende les attributs de n’importe laquelle de Ses créatures.
– La seconde est de l’expliquer au sens figuré d’une façon appropriée, les savants qui soutiennent cette position avancent que le but du hadith était de tester la jeune esclave : était-elle une monothéiste qui affirme que le Créateur, Celui qui Dispose, Celui qui Fait, est Allah seul et que c'est Lui qui est invoqué quand une personne adresse sa demande
(du’a) en se tournant vers le ciel – de la même façon que celui fait la prière (salat) se dirige vers la Kaaba, car le ciel est la qibla des suppliants comme la Kaaba est la qibla des prieurs – ou était-elle une adoratrice des idoles qu'ils plaçaient devant eux ? Ainsi, lorsqu’elle a dit « dans le ciel », il était clair qu’elle n’était pas une adoratrice des idoles. (Sahih Muslim bi Sharh al-Nawawi. 18 vols. Le Caire 1349/1930. Edition (18 vols. en 9). Beyrouth : Dar al-Fikr, 1401/1981, 5.24).

Il est bon de noter que l’imam al-Nawawi ne mentionne absolument pas la compréhension littérale du hadith comme une position doctrinale acceptable. Ceci provoque la surprise aujourd’hui parmi certains musulmans, qui s’imaginent que ce qui est en jeu est le principe d’accepter un hadith unique rigoureusement authentique (sahih) comme preuve en dogme islamique (‘aqida), car ce hadith est l'un de ces hadiths dit « unique », qu’on appelle en arabe ahad, « rapporté par une seule chaîne de transmission », par opposition au (hadith) mutawatir ou « rapporté par tant de chaînes de transmissions qu’il est impossible qu’il ait ét&! eacute; inventé ».

Pourtant ce n’est pas ce qui est en jeu, car les hadiths de ce type ne sont considérés acceptables par les savants traditionnels en ‘aqida Islamique que s’ils remplissent une condition : que l’article de foi mentionné dans le hadith soit salimun min al-mu'arada, qu’il y ait « absence de preuves conflictuelles ». Cette condition n’est pas remplie par ce hadith particulier pour plusieurs raisons.

Premièrement, l’histoire décrite dans le hadith nous est parvenue sous plusieurs autres versions bien authentifiées qui diffèrent largement de la version « où est Allah ? – Dans le ciel ». L'une d'entre elles est rapportée par Ibn Hibban dans son Sahih avec une chaîne de transmission bien authentifiée (hasan), dans laquelle le Prophète - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - a demandé à la jeune esclave :

« Qui est ton Seigneur ? » à quoi elle répondit : « Allah », puis il reprit : « Et qui suis-je ? » à quoi elle répondit : « Tu es le Messager d’Allah », après quoi il déclara : « Libérez-là car c’est une croyante ». (Al-Ihsan fi taqrib Sahih Ibn Hibban, 18 vols. Beyrouth : Muassasa al-Risala, 1408/1988, 1.419: 189).

Dans une autre version, rapportée par Abd al-Razzaq avec une chaîne de transmission rigoureusement authentique (sahih), le Prophète - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - lui a demandé :

« Témoignes-tu qu’il n’y a pas d’autre divinité qu’Allah ? » et elle répondit que oui. Il lui demanda : « Témoignes-tu que je suis le messager d’Allah ? » et elle acquiesça une nouvelle fois. Il dit alors « Libérez-la ! » (Al-Musannaf, 11 vols. Beyrouth : al-Majlis al-Ilmi, 1390/1970, 9.175: 16814).

Dans d’autres versions, la jeune esclave ne peut pas parler, mais juste pointer le ciel en guise de réponse. Ibn Hajar al-Asqalani a dit des différentes versions de ce hadith, qu’ « il y a une grande contradiction dans les termes employés » (Talkhis al-habir, 4 vols. en 2. Le Caire : Maktaba al-Kulliyat al-Azhariyya, 1399/1979, 3.250). Quand un hadith a beaucoup de versions conflictuelles, il y a une! forte probabilité qu’il n’ait été rapporté que par rapport à ce qu'un ou plusieurs des narrateurs en ont compris (riwaya bi al-ma’na), et donc l’une des versions n’est pas adéquate pour établir un point de ‘aqida.

Deuxièmement, cette dernière considération est particulièrement applicable au sujet en question car le Prophète - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - a explicitement détaillé les piliers de la foi islamique (iman) dans un hadith rapporté dans le Sahih Muslim où il répond aux questions de l’ange Gabriel - paix sur lui -, et dit :

La foi (iman) est de croire en Allah, en Ses anges, Ses Livres, Ses Messagers, au Jour Dernier, et de croire en la destinée (qadar) qu’elle soit bonne ou mauvaise. (Sahih Muslim, 1.37)

et il n’a pas mentionné quoi que ce soit à propos de la croyance qu'Allah Exalté soit-Il – serait « dans le ciel ». Si cela avait été un test décisif pour déterminer la foi d’un musulman (comme pourrait le laisser entendre le hadith « dans le ciel »), il aurait été obligatoire que le Prophète - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - le mentionne dans ce hadith-ci, car son but est de définir ce qu’est la foi (al-iman).

Troisièmement, si l’on prend ce hadith comme signifiant qu’Allah - Exalté soit-Il – est littéralement « dans le ciel », cela entre en conflit avec d’autres hadiths également sahih qui ont à priori autant le droit d’être pris littéralement ; comme le hadith qudsi rapporté par al-Hakim dans lequel Allah - Exalté soit-Il - dit :

Je suis avec Mon serviteur qui M’invoque et ses lèvres bougent avec Moi. (Al-Mustadrak ala al-Sahihayn. 4 vols. Hyderabad, 1334/1916. Edition (avec index vol. 5). Beyrouth : Dar al-Marifa, n.d., 1.496),

un hadith qu’al-Hakim dit rigoureusement authentique (sahih), ce qu’al-Dhahabi a confirmé. Ou encore le hadith rapporté par al-Nasa'i, Abu Dawud, et Muslim, qui dit :

Le moment où le serviteur est le plus proche de son Seigneur est lors de la prosternation. (Sahih Muslim, 1.350: 482)

alors que si Allah - Exalté soit-Il – était littéralement « dans le ciel », le moment où le serviteur serait le plus proche de Lui serait quand il se tient debout. Ou encore le hadith rapporté par al-Bukhari dans son Sahih, dans lequel le Prophète - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - interdit de cracher devant soi pendant la prière, parce que quand une personne prie « son Seigneur est devant lui » (Sahih al-Bukhari, 1.112: 406). Pour finir, dans les hadith à propos du Mi’raj ou « Voyage Nocturne », l’ange Gabriel - paix sur lui - a fait visiter au Prophète - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - chacun des sept cieux (samawat), et il n’est mentionné qu’Allah - Exalté soit-Il – n'ait été dans aucun d'eux.

Quatrièmement, l’interprétation littérale disant qu’Allah - Exalté soit-Il – serait « dans le ciel » entre en contradiction avec deux fondements de la ‘aqida telle qu’elle a été établie par le Qur'an. Le premier est l’attribut d’Allah  « mukhalafa li al-hawadith », ou « non-ressemblance aux créatures en quelque façon que ce soit », comme Allah - Exalté soit-Il – le déclare dans la sourate al-Shura :


« Il n'y a rien qui Lui ressemble »
Sourate 42 : La consultation (Al-Shura) verset 11

alors que s’Il était « dans le ciel » il y aurait d’innombrables choses qui Lui ressembleraient en termes d’altitude, de position, de direction, etc. Le second fondement que cela contredirait, comme mentionné plus haut, est l’attribut de « ghina » d’Allah - Exalté soit-Il -, ou « l’indépendance vis-à-vis de tout ce qui est créé », ce qu’Il affirme dans de nombreux versets du Qur'an. Il est impossible qu’Allah - Exalté soit-Il – soit une entité corporelle car les corps ont besoin d’espace et! de temps, alors qu’Allah - Exalté soit-Il - n’a besoin d'absolument de rien.

Cinquièmement, l’interprétation littérale de « dans le ciel » impliquerait que le ciel entourerait Allah - Exalté soit-Il – de tous côtés et donc qu’Allah - Exalté soit-Il – ! serait plus petit que lui, et que celui-ci serait plus grand qu’Allah - Exalté soit-Il - ce qui est, bien évidement, complètement aberrant.

Pour ces raisons et d’autres, les savants Musulmans se sont vus obligés d’interpréter le précédent hadith et d’autres textes contenant des figures de style similaires au sens figuré, en conformité avec l’utilisation de la langue arabe. Considérons le verset coranique :


« Etes-vous à l'abri que Celui qui est au ciel vous enfouisse dans la terre ?
Et voici qu'elle tremble !
»
Sourate 67 : La royauté (Al-Mulk) verset 16
 

pour lequel nous pouvons donner les exemples de tafsir ou « exégèse coranique » suivants :

Al-Qurtubi : Les savants les plus exigeants soutiennent que [« dans le ciel »] signifie en fait : « Etes-vous à l’abri de Celui qui est au-dessus du ciel » – de la même façon qu’Allah dit :

  
« Voyagez dans la terre »
Sourate 9 : Le repentir (Al-Tawba) verset 2

ce qui signifie voyagez sur la terre – pas au-dessus du ciel en terme de contact physique ou de spatialisation, mais en terme de pouvoir omnipotent et de contrôle sur lui. Une autre position est de dire que cela signifie : « Etes-vous à l’abri de celui [qui est] sur (‘ala) le ciel » de la même façon que l’on dit, « untel [règne] sur l’Iraq et sur le Hijaz », ce qui signifie qu’il en est le gouverneur et le commandant. (Al-Jami li ahkam al-Qur'an, 18.216).

Al-Shirbini al-Khatib : Il y a différents aspects quant à l’interprétation de « Celui qui est dans le ciel », l'un d'eux est que cela signifierait : « Celui dont le royaume est dans le ciel », car c’est le lieu de résidence des anges, et c’est là que se trouvent Son Trône, Son Kursi et la Table Gardée ; et de là descendent Ses Décrets, Ses Livres, Ses commandements et Ses interdictions. Une seconde interprétation possible est que « Celui qui est dans le ciel » omette la première partie d’une construction ascriptive (idafa), en d’autre termes : « Etes vous à l’abri du Créateur de ceux qui sont dans le ciel » ce qui signifierait les anges qui résident au ciel, car ils sont ceux à qui il est commandé de dispenser la Miséricorde ou la Vengeance Divine. (al-Siraj al-Munir. 4 vols. Bulaq 1285/1886. Edition. Beyrouth : Dar al-Marifa, n.d., 4.344).

Fakhr al-Din al-Razi : « Celui qui est dans le ciel » pourrait faire référence à l’ange qui est chargé d’infliger les châtiments divins ; lequel est Gabriel ; les mots « vous enfouisse dans la terre » signifiant : « par le commandement d’Allah et avec Sa permission » (Tafsir al-Fakhr al-Razi. 32 vols. ! Beyrouth 1401/1981. Edition (32 vols. en 16). Beyrouth : Dar al-Fikr, 1405/1985, 30.70).

Abu Hayyan al-Nahwi : Ou le contexte de ces mots pourrait suivre les convictions de ceux à qui ils sont adressés [les mécréants], car ils sont anthropomorphistes. Donc la signification serait : « Etes-vous à l’abri de Celui que vous prétendez être dans le ciel – alors qu’Il est exalté au-dessus de tout lieu – ? » (Tafsir al-nahr al-madd min al-Bahr al-muhit. 2 vols. en 3. Beyrouth : Dar al-Janan and Muassasa al-Kutub al-Thaqafiyya, 1407/1987, 2.1132).

Qadi Iyad : Il n’y a pas de désaccord parmi les musulmans, du premier jusqu'au dernier – leurs savants de la jurisprudence, leurs savants du hadith, leurs savants en théologie, à la fois ceux capables d’un effort de déduction scientifique et ceux qui suivent la doctrine d’un autre – que les preuves scripturaires qui mentionnent qu’Allah serait « dans le ciel », comme Ses mots : « Etes-vous à l'abri que Celui qui est au ciel vous enfouisse en la terre » et d’autres, ne sont pas tels que leur sens littéral (dhahir) semble signifier, mais plutôt, tous les savants les interprètent autrement que dans leur sens apparent. (Sahih Muslim bi Sharh al-Nawawi, 5.24).

Prenons maintenant un dernier exemple, le hadith rapporté par Muslim où le Prophète - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - a dit :

Votre Seigneur Béni et Exalté descend chaque nuit jusqu’au ciel de ce monde, au moment du dernier tiers de la nuit, et dit : « Qui M’invoque pour que Je lui réponde ? Qui Me demande pour que Je l’exauce ? Qui cherche Mon pardon pour que Je le lui accorde ? » (Sahih Muslim, 1.521: 758).

Ce hadith, si on prend le temps d’y réfléchir, ne traite pas de ‘aqida, mais il s’agit plutôt d’établir un point pratique, à savoir que nous sommes supposés faire un acte particulier dans le dernier tiers de la nuit : se lever et prier. C’est pourquoi quand l’Imam al-Nawawi a donné les noms actuels aux titres du Sahih Muslim, ce hadith a été placé sous le chapitre : « Incitation au désir de faire des supplications (du’as! ) et de se rappeler Allah (Dhikr) dans le dernier tiers de la nuit, et la réponse qui s’ensuit ». Quant à la signification de « descend » dans le hadith, al-Nawawi explique :

C'est un des « hadiths des Attributs », et il y a deux positions à ce sujet, comme il a été susmentionné dans le « Livre de la Foi (iman) ». Pour résumer, la première position, qui est la doctrine de la majorité des premiers musulmans et de certains théologiens, est que l’on devrait croire en la véracité de ce hadith d’une manière convenable vis-à-vis d’Allah, tandis que son sens littéral, tel que nous le connaissons et tel qu’il s’applique à nous, n’est pas le sens voulu, tout en ne discutant pas du sens figuré non plus, bien que nous croyons qu’Allah transcende toute similitude aux choses créées, comme le changement de position, le mouvement, ou tout autre attribut des choses créées.

La seconde position, qui est celle de la plupart des théologiens, de groupes entiers parmi les premiers musulmans (salaf), et qui est rapportée de Malik et al-Awza'i, est que de tels hadiths doivent être interprétés au sens figuré d’une manière appropriée en les prenant dans leur contexte. Selon cette école de pensée, on interprète ce hadith de deux façons. La premi&e! grave;re est celle de Malik ibn Anas et d’autres, qui est de dire que cela [« votre Seigneur descend »] signifie que « Sa Miséricorde, Ses Ordres, et Ses anges descendent, » de la même façon que l’on dit « le sultan a fait ceci ou cela » alors que ce sont ses serviteurs qui ont fait ces choses en suivant ses ordres. La seconde est de dire qu’il s’agit d’une métaphore montrant l’intérêt [d’Allah] pour ceux qui font des supplications, en leur répondant et en faisant preuve de bonté envers eux. (Sahih Muslim bi Sharh al-Nawawi, 6.3637).
 

Le savant du hadith Ali al-Qari dit de ce hadith sur la « descente » d’Allah - Exalté soit-Il – :

Nous savons que Malik et al-Awza'i, qui sont parmi les meilleurs des premiers musulmans, ont tous deux donné une interprétation métaphorique détaillée à ce hadith… Un autre d’entre eux était Ja'far al-Sadiq. Il est vrai que bon nombre d’entre eux [les premiers musulmans], ainsi que des savants ultérieurs, ont dit que quiconque croit qu’Allah est dans une direction physique précise est un mécréant, comme l'affirme explicitement al-Iraqi, en disant que c'était la position de Abu Hanifa, Malik, al-Shafi’i, al-Ash'ari et al-Baqillani. (Mirqat al-mafat! ih: sharh Mishkat al-masabih. 5 vols. Le Caire 1309/1892. Edition. Beyrouth : Dar Ihya al-Turath al-Arabi, n.d., 2.137).

Il est bon de rappeler qu’al-Iraqi était un Hafiz ou « maître en hadith », quelqu’un qui connaissait plus de 100 000 hadiths par cœur ; quant à Ali al-Qari, il était une autorité du hadith qui a produit des ouvrages de référence qui sont encore utilisés aujourd’hui pour les hadiths inventés. En d’autres termes, chacun d’eux avait les plus hautes autorisations pour vérifier les chaînes de transmissions des avis qu’ils rapportent. Pour ce! tte raison, leur transmission de l’avis selon lequel est mécréant celui qui assigne une direction à Allah pèse lourd sur la balance.

Mais peut-être est-il préférable aujourd’hui de dire que les musulmans qui croient que Allah - Exalté soit-Il – est, d’une certaine façon, « là-haut » ne sont pas des mécréants. En effet ils ont la shubha ou la « circonstance atténuante » que de nos jours certains partis fortunés soutiennent agressivement la bid’a de l’anthropomorphisme. Cette bid’a était, dans les siècles précédents, confinée à une poignée de Hanbalites, qui ont été repoussés avec force par les ulémas de Ahl al-Sunna comme Abd al-Rahman Ibn al-Jawzi (m. 597/1201) qui s’est adressé à ses pairs Hanbalites dans son Daf shubah al-tashbih bi akaff al-tanzih [réfutation des insinuations d’anthropomorphisme à la vue de la transcendance Divine] en ces termes :

Si vous aviez dit: « Nous ne faisons que lire ces hadiths et nous restons silencieux », personne ne vous aurait condamnés. Ce qui est honteux c’est que vous les interprétiez littéralement. N’introduisez pas subrepticement dans le madhhab de cet homme droit parmi les premiers musulmans [Ahmad ibn Hanbal] ce qui n’en fait pas partie. Vous avez revêtu ce madhhab d’une disgrâce honteuse, à tel point qu’on ne peut presque plus dire Hanbalite sans dire anthropomorphiste. (Daf shubah al-tashbih bi akaff al-tanzih. Le Caire n.d. Edition Le Caire : al-Maktaba al-Tawfiqiyya, 1396/1976, 2829).

Ces croyances ont apparemment survécu pendant des siècles dans le Khorasan, l’Afghanistan et ailleurs en Orient, car l’Imam al-Kawthari note que le Hanbalite Ibn Taymiyya (m. 728/1328) a rassemblé les détails les concernant depuis des manuscrits sur les sectes (nihal) quand les bibliothèques des savants entrèrent à Damas en même temps que les caravanes fuyant les mongoles venant de l’Est. Il les a lu sans avoir un professeur perspicace pour le guider, et a cru en ce qu’il en avait compris, et s’en est fait l’avocat dans ses propres ouvrages. (al-Kawthari, al-Sayf al-saqil fi al-radd ala Ibn Zafil. Le Caire 1356/ 1937. Edition. Le Caire : Maktaba al-Zahran, n.d. 56).

Il fut emprisonné de nombreuses fois pour ces idées avant sa mort, car les oulémas de Damas l’accusaient d’anthropomorphisme. (al-Asqalani, al-Durar al-kamina fi ayan al-mia al-thamina. 4 vols. Hyderabad 134950/193031. Edition. Beyrouth : Dar Ihya al-Turath al-Arabi, n.d., 1.155).

Des écrits ont été signés par Abu Hayyan al-Nahwi (m.745/1344), Taqi al-Din al-Subki (m.756/1355), Badr al-Din Ibn Jama'a (m.733/1333), al-Amir al-Sanani, l’auteur de Subul al-salam (m.1182/1768), Taqi al-Din al-Hisni, l’auteur de Kifayat al-akhyar, (d.829/1426), et Ibn Hajar al-Haytami (d.974/1567) en réfutation de sa ‘aqida, et elle est restée non acceptée par les musulmans pendant encore quatre cents ans jusqu’au mouvement Wahhabite du dix huitième siècle, lequel suivait Ibn Taymiyya sur certains points de ‘aqida, et l’a déclaré son « Cheikh de l'Islam ». Mais ce ne sera pas avant l’arrivée de l’imprimerie dans le monde arabe que les livres d’Ibn Taymiyya (et les dogmes de ce groupe) ont vraiment vu la lumière du jour, quand un riche marchand de Jedda commissionna l’impression de son Minhaj al-Sunna et d’autres de ses ouvrages sur la ‘aqida en Egypte à la fin du siècle dernier, ressuscité cette fois sous le nom de Salafisme ou « retour à l’Islam des débuts ». Ils ont de là été exportés aux quatre coins du monde islamique, propulsés par le financement généreux d’un ou deux pays musulmans modernes, dont les efforts ont rempli les mosquées de livres, de pamphlets, et de jeunes gens qui répandent ces idées et même les attribuent (grâce aux chaînes de transmissions douteuses d’Ibn Taymiyya) aux Imams des premiers temps de l’Islam. Mon avis concernant la question de considérer ces musulmans croyants ou mécréants, est que tout cet argent peut financer l’influence et la propagande qui transforment le jour en nuit et la nuit en jour ; ainsi, les musulmans contemporains peuvent-ils probablement être excusés de ce genre d’idées, du moins jusqu'à ce qu’ils aient eu la chance d'apprendre que le Dieu de l’Islam est par Sa transcendance bien au-dessus d’être un immense homme, et que, de la même façon, Sa transcendance Le place au-dessus d’être sujet au temps ou à l’espace, qui ne sont que deux de Ses créatures.

Pour résumer ce qui a été répondu à la question ci-dessus :

Les savants prennent les textes fondamentaux du Qur'an et de la sunna littéralement sauf s’il y’a une raison pertinente de ne pas le faire. Dans le cas de la « descente » d’Allah - Exalté soit-Il – ou du fait qu’il serait « dans le ciel », il y a de nombreuses raisons de ce type :

Premièrement, une interprétation littérale de ces textes les rendrait incompatibles entre eux, ainsi qu’avec les nombreux textes rigoureusement authentiques disant qu’Allah - Exalté soit-Il – est « avec » Son serviteur quand il fait du dhikr, « plus proche de vous que votre veine jugulaire » (50:16), « devant lui » quand il prie, « le plus proche » de lui quand il est prosterné, « dans le ciel » quand on a interrogé la jeune esclave, « avec vous où que vous soyez » (58:4), etc. Ils sont incompatibles entre eux quand on les prend littéralement, et ne deviennent concordants que si on les prend au sens figuré, comme Malik, al-Awza'i, et al-Nawawi l’ont fait plus haut.

Deuxièmement, le Prophète - que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui - a détaillé les points auxquels doivent croire tous les musulmans dans le hadith de Gabriel dans le Sahih Muslim et dans d’autres, et il ! n’a mentionné le croyance qu’Allah - Exalté soit-Il – soit « dans le ciel » (ou dans un quelconque autre endroit) dans aucun d’eux.

Troisièmement, le fait qu’Allah - Exalté soit-Il -, comme les oiseaux, les nuages etc. soit « dans le ciel » dans un sens littéral entre en contradiction avec la ‘aqida du Qur'an que :


« Il n'y a rien qui Lui ressemble »
Sourate 42 : La consultation (Al-Shura) verset 11

Quatrièmement, la notion qu’Allah soit dans un endroit précis entre en contradiction avec la ‘aqida exprimée dans dix-sept versets du Qur'an : qu’Allah - Exalté soit-Il – est indépendant de tout besoin, alors que les choses qui occupent un endroit ont besoin à la fois d’espace et de temps.

Ces raisons ne sont pas exhaustives, mais entendent répondre à votre question en mettant en lumière la ‘aqida et les principes des ulémas traditionnels dans l'interprétation du genre de textes dont nous parlons. Elles montrent tout simplement à quel point la croyance qu’Allah - Exalté soit-Il – est dans le ciel dans un sens littéral est éloignée de l’islam traditionnel, et pourquoi il n’est pas admissible qu’un musulman le pense.

Et c’est Allah seul qui accorde le succès.

Traduit de l'anglais du site : sunnipath.com

 

 

source : http://aslama.com/bibliotheque/articles/imane-foi/fi_sama.php

 
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Tafsir (al-Jalalayne) – Sourate al-Ikhlaç

Posted by starweb on nov 15, 2009 in Tafsir Coran



assalamu alaykum wa rahmattullah wa barrakattuh









112 : 1 :

Dis : Il est Allah, Unique





Commentaires :


Révélée à La Mecque où à Médine, à la suite de la sourate des Hommes

Il est Allah, Unique, Allah est le prédicat (خبر) de huwa (هو), et ahadun (أحد) est son substitut (بدل) ou un second prédicat (خبر ثان)

On interrogea le Prophète sur son Seigneur, [Allah alors lui ordonna de répondre] : Dis : C'est Lui Allâh l'Unique.

112 : 2 :


Allah, Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons.

Commentaires :


Allah, l'Auto-Suffisant, Allah est le sujet (مبتدأ) et (الصمد
) est le prédicat (خبر) signifie Celui à qui on s'adresse en toute circonstance pour combler nos besoins.

112 : 3 :


Il n'a jamais engendré, n'a pas été engendré non plus.

 
Commentaires :

Il n'engendre pas, car nul comme Lui ne peut exister, et Il n'est pas engendré puisque la création est exclue dans Son cas.

 
112 : 4 :


Et nul n'est égal à Lui.
 
Commentaires :


Nul n'est égal à Lui car Il n'a ni pareil ni semblable.

lahu(له)est attaché a (كفوا),'égal', mais le précède car c'est l'objet de la négation.(أحد), 'nul/personne', est le sujet de(يكن) et a été placé après le prédicat [kufuwan, '&eacu! te;gal'] pour maintenir une harmonie des rhymes des versets.

_____________

(1) D'après Ibn Abbas , les juifs, y compris Ka3b Ben Al-Achraf et Houyay Ben Akhtab, vinrent chez le Prophète et lui dirent : « O Mouhammad, décris-nous ton Seigneur qui t'a envoyé ? » Allâh lui révéla cette sourate. (Rapporté par Ibn Abi Hatem).



Quant à Anas , il a dit :

Les juifs de Khaybar vinrent trouver le Prophète et lui dirent :

« O Aboul-Qasem, Allâh a créé les anges de la lumière du Voile, Adam d'une argile extraite d'un boue malléable, Iblis de la flamme du feu, le ciel de la fumée et la terre de l'écume de la mer. De quoi est créé ton Seigneur ? » Il ne leur répondit pas, mais aussitôt Jibril (3alayhi Salam) lui transmit cette sourate. (Rappporté Abu al-Chaikh)

On peut déduire de cette version que cette sourate a été révélée à Médine.

 

 

source : Tafsir al-Jalalayne – Sourate al-Ikhlaç (Le Culte Pur)


 
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L’Imâm Mâlik ibn Anas (Maître de l'école Malikite)

Posted by starweb on nov 13, 2009 in Divers



assalamu alaykum wa rahmattullah wa barrakattuh


L’Imâm Mâlik

 

L’Imâm de Médine
lundi 24 novembre 2003


Introduction

L’école malékite est l’une des quatre écoles juridiques [1] les plus répandues dans le monde musulman depuis le deuxième et le troisième siècle hégirien.
Cette école, ou madhhab, doit son nom à l’illustre savant, le grand juriste, l’Imâm de Médine, Mâlik Ibn Anas, que Dieu l’agrée. Celui-ci occupa une place saillante parmi les juristes musulmans, excella dans la ville qui reçut la science et la bénédiction du Prophète , et porta le flambeau des sept célèbres juristes médinois :

  1. Abû Bakr Ibn `Abd Ar-Rahmân Ibn Al-Hârith Ibn Hishâm
  2. Qâsim Ibn Muhammad Ibn Abî Bakr As-Siddîq
  3. `Urwah Ibn Az-Zubayr Ibn Al-`Awwâm
  4. Sa`îd Ibn Al-Musayyab
  5. Sulaymân Ibn Yasâr
  6. Khârijah Ibn Zayd
  7. `Ubayd Allâh Ibn `Abd Allâh Ibn `Utbah Ibn Mas`ûd.


L’époque de l’Imâm Mâlik

L’Imâm Mâlik naquit à la fin du premier siècle hégirien et son âme retourna à Dieu environ vingt ans avant la fin du deuxième siècle. La première moitié de sa vie s’écoula sous le Califat des Omeyyades, alors que la seconde témoigna des premiers épisodes du Califat abbasside.

Il vécut ainsi à une période mouvementée de l’Histoire islamique où émergèrent de nombreux courants de pensée religieux et politiques. Sous les Omeyyades, le Califat islamique bien-guidé fut transformé en un système monarchique. Cela généra discordes, conflits et instabilité, d’autant plus que le nouveau système instauré fut teinté d’un « nationalisme arabe ». Dans ce contexte, les non-arabes subirent des injustices et les descendants du noble Prophète – paix et bénédiction de Dieu sur lui – connurent de dures épreuves sanglantes et de regrettables oppressions.

En 132 A.H., après avoir démantelé les structures du pouvoir omeyyade, le Califat des Abbassides vit le jour. Le conflit s’attisa alors entre les Abbassides et les Alawites, malgré les liens de parenté qui les liaient… Comme pour réagir au nationalisme arabe qui avait émergé sous les Omeyyades, divers nationalismes non-arabes se développèrent sous les Abbassides. C’est alors que les courants de pensée se multiplièrent, divers groupes religieux montèrent sur scène et l’ouverture sur la philosophie grecque, les pensées persanes ou indiennes s’élargit par le biais de diverses traductions.

Les frontières du monde islamique s’étaient largement étendues à cette époque, la vie matérielle voyait son cercle s’étendre et la nécessité d’apporter des réponses religieuses à des questions originales se faisait croissante, compte tenu de la diversité des peuples ayant embrassé l’islam.
Les opinions juridiques se multiplièrent et deux principales écoles ou méthodologies se dégagèrent.

La première méthodologie, celle des Gens du Hadîth, prônait l’application stricte et rigoureuse du Coran et de la Sunnah, mettant l’accent sur la lettre et la narration. Cette École eut de nombreux adeptes et trouva une terre fertile dans le Hijâz en général, et à Médine en particulier. En effet, cette méthodologie était en harmonie avec la vie à Médine, la ville du Prophète : une ville fortement attachée aux enseignements du Prophète et ayant préservé sa simplicité et son climat sain. Médine se dressa longtemps comme un rempart devant les idéologies sociales et politiques étrangères issues des nombreuses conquêtes islamiques et du contact avec de nouveaux peuples et de nouvelles cultures.
La deuxième méthodologie, l’Ecole de l’Opinion, plus interprétative que la précédente, prônait également l’attachement, le respect et l’application du Coran et de la Sunnah, mais mettait davantage l’accent sur le rôle de l’intellect dans l’appréhension et l’interprétation des énoncés ainsi que dans la déduction des jugements légaux selon les règles de cette discipline. Cette école s’était fortement répandue en Irak qui était, à cette époque, le foyer scientifique musulman le plus actif. L’Irak était fort d’une histoire scientifique riche ; le recours à la recherche et à l’analyse rationnelle était devenu familier dans l’environnement irakien, confronté &agra! ve; diverses cultures, notamment la culture persane où foisonnaient les idéologies et les philosophies.

L’Imâm Mâlik naquit et vécut à Médine. Il fut ainsi influencé par la vie et l’esprit de cette honorable ville. Il naquit à l’époque de l’Omeyyade Al-Walîd Ibn `Abd Al-Malik et retourna à Dieu sous le règne de l’Abbasside Hârûn Ar-Rashîd. Ainsi fut-il témoin du Califat omeyyade et du Califat abbasside et des luttes qui les opposèrent. Il fut également témoin des luttes entre les Abbassides et les Alawites, du mouvement des Khârijites, et des polémiques ayant opposé les Sunnites aux Shî`ites.

Généalogie et naissance de l’Imâm Mâlik


Il s’agit de l’un des quatre pôles de la jurisprudence islamique, Mâlik Ibn Anas Ibn Mâlik Ibn Abî `Âmir Ibn `Amr Ibn Ghaymân Ibn Khathîl Ibn `Amr Ibn Al-Hârith.

Son arrière grand-père, Abû `Âmir Ibn `Amr , fut un Compagnon du Messager de Dieu - paix et bénédiction de Dieu sur lui. Il participa à toutes les batailles du temps du Messager de Dieu , exception faite de la grande bataille de Badr.

Son grand-père, Mâlik Ibn Abî `Âmir , fut un grand Successeur qui rapporta des hadiths sur l’autorité du Commandeur des Croyants `Umar Ibn Al-Khattâb , de Talhah , de la Mère des Croyants `Â’ishah , de Abû Hurayrah et de Hassân Ibn Thâbit , que Dieu les agrée tous. Il fut l’un des quatre hommes ayant porté le Commandeur des Croyants `Uthmân Ibn `Affân, que Dieu l’agrée, à sa tombe. Il fut l’un des scribes qui inscrivirent le Coran lorsque `Uthmân réunit les codex du Coran. On rappo! rte en outre que le « Cinquième Calife bien-guidé », `Umar Ibn Abd Al-`Azîz, lui demandait conseil.

Quant au père de Mâlik, Anas, l’histoire ne nous apprend que peu de choses sur lui. Nous savons toutefois qu’il vécut à Dhû Al-Marwah, une oasis dans le désert au nord de Médine, et qu’il gagnait sa vie en fabriquant des arcs. Selon l’opinion la plus solide, sa mère s’appelait Al-Ghâliyah Bint Shurayk Al-Azdiyyah.

L’Imâm Mâlik naquit en 93 A.H., à Dhû Al-Marwah. Il vécut ensuite à Al-`Aqîq, une vallée dans les alentours de Médine, puis s’installa à Médine, la ville où repose le Messager bien-aimé – paix et bénédictions de Dieu sur lui.

Enfance et apprentissage des sciences islamiques

Dans son enfance, l’Imâm Mâlik mémorisa le Noble Coran, puis apprit les hadiths prophétiques et les verdicts religieux (fatâwâ) des Compagnons. Il étudia la jurisprudence de l’Ecole de l’Opinion et s’initia à la réfutation des courants déviants. Il se montra brillant dans l’acquisition des sciences islamiques et se distingua par son excellente mémoire.

Sa mère lui recommanda dans son enfance de se faire le disciple du Successeur, le Hâfidh Abû `Uthmân Rabî`ah Ibn Abî `Abd Ar-Rahmân Al-Qurashî, pour puiser dans son savoir. Rabî`ah, que Dieu l’agrée, était surnommé « Rabî`at Ar-Ra’y » pour sa rigueur et son intelligence dans l’interprétation et le raisonnement par analogie. Les savants sont unanimes quant à son éminence en matière de science et de jurisprudence. Yahyâ Ibn Sa`îd dit de lui : « Je n’ai vu plus sensé que Rabî`ah. » Le jeune Mâlik apprit la jurisprudence interprétative de l’Ecole de l’Opinion auprès de Rabî`ah et, plus tard, lorsque Rabî`ah décéda, Mâlik prononça ces mots nostalgiques : « La saveur de la jurisprudence disparut depuis la mort de Rabî`ah. »
L’étape suivante de l’apprentissage de l’Imâm Mâlik fut marquée par son initiation auprès d’un grand nombre de Sheikhs. Selon l’Imâm An-Nawawî, il eut 900 maîtres dont 300 Successeurs, les autres étant des Successeurs de Successeurs. L’Imâm `Abd Ar-Rahmân Ibn Hurmuz Al-A`raj figurait parmi ses maîtres les plus distingués. Mais parmi ses Sheikhs, nous pouvons également citer Nâfi`, le noble Successeur affranchi de `Abd Allâh Ibn `Umar, le grand Imâm Ja`far Ibn Muhammad Al-Bâqir, le juriste et savant-mémorisateur Yahyâ Ibn Sa`îd Al-Ansârî le Juge de Médine, et le prédicateur aux exhortations vibrantes, Salamah Ibn Dînâr Abû Hâzim As-Sûfî.

Mâlik enseignant

L’excellence de l’Imâm Mâlik lui permit d’enseigner et de diffuser la science dès sa jeunesse. On dit même qu’il commença à enseigner à l’âge de dix sept ans. Il choisit la Mosquée du Prophète pour tenir son cercle de science. Plus précisément, il choisit, dans la Mosquée de Médine, l’endroit où se tenait le Calife Juste `Umar Ibn Al-Khattâb. C’est là que s’asseyait le Messager de Dieu – paix et bénédictions de Dieu sur lui. Les cours de l’Imâm Mâlik ne furent transférés chez lui que plus tard, à cause de sa maladie.
La profusion de sa science attira une foule très nombreuse, sa renommée s’étendit et il occupa une place distinguée dans le cœur des habitants de Médine.
En matière de jurisprudence, Mâlik puisait dans le Noble Coran, exigeant que l’exégète ait une excellente maîtrise de la langue arabe. Puis il s’appuyait sur le Hadîth et la Sunnah, avec une grande minutie dans l’authentification des narrations. Il considérait la pratique des gens de Médine comme un argument législatif.
Ce noble savant prolongeait la réflexion et la méditation avant d’émettre une fatwâ ou un avis juridique. Il disait : « Parfois, on me fait part d’une question et je passe toute la nuit à la traiter. » Il arrivait qu’une personne vienne le consulter pour une question juridique et reparte avec pout toute réponse de l’Imâm : « Laisse-moi, je dois y réfléchir. » La précipitation n’avait aucune place dans ses verdicts. Il en est ainsi pour tous les nobles savants qui pensent en permanence au Jour où ils comparaîtront devant Dieu.
Le scrupule de l’Imâm Mâlik transparaît aussi dans sa parole : « La chose la plus éprouvante pour moi c’est d’être interrogé sur une question du licite ou de l’illicte, car il s’agit de trancher dans la religion. » C’est ainsi que l’Imâm Mâlik passa des années sans avancer une opinion sur certaines questions complexes et ambiguës.

Il dit :

« Voilà une dizaine d’années que je réfléchis à une question, sans arrêter une opinion. »

Plus encore, quand l’Imâm était questionné sur une chose qu’il ne savait pas, il répondait sobrement : « Je ne sais pas. » Lorsqu’une personne insistait en lui disant : « Je suis venu jursqu’à toi de mon lointain pays pour te poser cette question et voici que tu me réponds que tu ne sais pas, toi le grand Imâm de Médine. Que vais-je dire aux miens ? » Et l’Imâm, imperturbable, de répondre : « Dis-leur que Mâlik ne sait pas. »

Famille de l’Imâm Mâlik

La femme que choisit l’Imâm pour l’accompagner dans sa vie n’était pas une femme libre. Il épousa une esclave. On rapporte que l’Imâm Mâlik avait beaucoup d’estime pour son épouse et eut d’elle trois fils – Muhammad, Hammâd et Yahyâ – et une fille, Fâtimah, appelée Umm Al-Banîn. Umm Al-Banîn connaissait l’ouvrage de son père, Al-Muwattâ’, par coeur et avait une connaissance des sciences islamiques supérieures à celle de ses frères. Lorsqu’un élève de Mâlik lisait un passage d’Al-Muwatta’ dans son cercle d’enseignement, Fâtimah se tenait derrière la porte et signalait chaque erreur de lecture en frappant à la porte. Entendant cela, M&a! circ;lik demandait au lecteur de reprendre le passage où il s’était trompé.

Quelques principes de l’école malékite

La source première sur laquelle s’appuyait l’Imâm Mâlik dans sa jurisprudence fut le Noble Coran. C’est dans les versets de la Sage Révélation qu’il cherchait les jugements légaux et les preuves juridiques. Il estimait que toute personne qui se penchait sur l’interprétation des versets coraniques devait absolument avoir une grande maîtrise de la langue arabe, la langue de la révélation. « Si on m’amène un homme qui interprète le Coran sans être savant en langue arabe, je le punirai très certainement », disait-il. Par ailleurs, il ne tenait pas compte des israélismes [2] en matière d’exégèse.
Mais la maîtrise de la langue, outil indispensable pour l’exégète, ne suffit pas à elle seule pour puiser les jugements divins dans le Noble Coran. La Tradition du Prophète – paix et bénédiction de Dieu sur lui – illustre les versets, les expose, les explique et en revèle le sens. C’est pourquoi l’Imâm Mâlik voyait en la Sunnah la deuxième source fondamentale de la Législation islamique, conformément à la Parole de Dieu :

« Prenez ce que le Messager vous octroie ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en. » [3]

« Quiconque obéit au Prophète, obéit à Dieu » [4]

« [...] Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux et afin qu’ils réfléchissent » [5]

« Non !… Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence] » [6]

En outre, les verdicts religieux et les jugements juridiques émis par les Compagnons du Prophète – paix et bénédictions de Dieu sur lui -, occupaient une place importante dans la jurisprudence de l’Imâm Mâlik. Il pensait en effet que la pratique des Compagnons doit être annexée à la Sunnah. Aussi n’est-il pas étonnant de constater que le Muwatta’ de Mâlik compile, à côté des hadîths prophétiques, des verdicts des Compagnons. Il rapporta, par exemple, selon `Abd Allâh Ibn `Umar, qu’un homme vint le voir et dit : « Ô Abû `Abd `Ar-Rahmân, j’ai accordé un emprunt à un homme et j’ai exigé qu’il me le retourne par une chose de plus grande valeur ». Ibn `Umar répondit : « Telle est l’usure (Ribâ)&q! uot;.

Lorsque l’Imâm Mâlik manifesta un tel attachement à la Sunnah du Prophète et à la guidance des Compagnons, il devint l’Imâm de la Sunnah à son époque et occupa une place très distinguée parmi les savants de l’Islam.
Il voyait dans le jugement légal émis par un compagnon une preuve solide et une branche de la Sunnah. En effet, soit le compagnon a appliqué un jugement qu’il tient du Messager de Dieu, soit la situation se prêtait à l’ijtihâd, et l’ijtihâd du compagnon découle de l’aiguisement de son sens juridique grâce à l’éducation prophétique qu’il a reçue.
Par ailleurs, il prenait en considération les opinions de certains Successeurs lorsqu’il s’assurait de leur science, de leur maîtrise de la jurisprudence et de leur éthique. Parmi ceux-là, citons `Umar Ibn `Abd Al-`Azîz, Sa`îd Ibn Al-Musayyab, Ibn Shihâb Az-Zuhrî et Nâfi` l’affranchi de `Abd Allâh Ibn `Umar.

Le consensus juridique, Ijmâ`, est une autre preuve législative considérée par Mâlik. On entend par consensus juridique l’accord des juristes et des savants musulmans sur une question donnée. A plusieurs occasions, l’Imâm Mâlik introduisait un jugement juridique par : « L’opinion qui fait l’objet d’un consensus chez nous ». Il entendait par cela : « la chose sur laquelle s’accordent les juristes et les gens de science, sans divergence ».
Il semblerait que l’Imâm Mâlik entende par « les juristes et les gens de science », les savants et les juristes de Médine. Lorsqu’il dit « L’opinion qui fait l’objet d’un consensus chez nous », il renverrait ainsi à l’opinion qui fait l’unanimité à Médine. C’est pour cette raison que certains savants affirment que le consensus juridique chez Mâlik, c’est la pratique des gens de Médine. La religion, ses fondements et ses branches, furent transmis et appliqués à Médine de génération en génération, depuis le temps des Compagnons. Ainsi, la pratique des savants et juristes médinois reflète avec fidélité ce qui fut transmis par les pieux prédécesseurs. C’est pour cette raison, que l’Imâm Mâlik préférait le consensus des gens ! de Médine aux hadîths dits ahâd.

L’analogie juridique (Qiyâs), la préférence juridique (Istihsân) et la présomption de continuité (Istishâb) constituent également des preuves juridiques pour l’Imâm Mâlik.

Le raisonnement par analogie (Qiyâs) consiste à appliquer pour un cas juridique non tranché par les sources législatives primaires le jugement prévu dans la législation pour un autre cas juridique, sachant que, au fond, la raison juridique qui motive le jugement dans le premier cas s’avère présente dans le second [7].

La préférence juridique istihsân peut se produire dans deux cas de figures. Le premier, c’est lorsque le mujtahid délaisse le recours à un raisonnement par analogie explicite au profit d’un raisonnement par analogie implicite. Le second cas de figure se présente lorsque le mujtahid favorise, pour un motif donné, un jugement exceptionnel par rapport à un jugement convenu. Si, par exemple, le dévoilement de la `awrah est illicite, une exception sera faite à ce jugement pour des raisons médicales où le patient devrait exposer des membres de sa `awrah au médecin. Dans ce cas de nécessité médicale, la préférence est donnée au jugement exceptionnel.
Enfin, l’Istishâb stipule que le jugement légal relatif à une chose est conforme à son état dans le passé, aussi longtemps que rien ne prouve que cet état a changé, et que le jugement établi dans le passé est valide dans le présent, jusqu’à ce qu’une preuve motivant un changement soit avancée.
Mâlik prenait aussi en considération la réalisation de l’intérêt public (Al-Masâlih Al-Mursalah) et l’obstruction aux prétextes (Sadd Adh-Dharâ’i`) [8].

Par ailleurs, l’Imâm Mâlik prenait en compte l’usage (`Urf) et la coutume (`Âdah). Il s’agit de conventions relatives aux paroles, aux actes ou aux abstentions, répandues parmi les gens et consacrées par l’usage. Le recours à l’usage peut être fait par le savant à condition qu’il n’y ait pas de texte dans le Coran ou la Sunnah tranchant la question et que cela n’entraîne pas de mal ou de nuisance.

Ce tour d’horizon rapide témoigne de la richesse des mécanismes juridiques de l’école malékite. Il convient de noter que la plupart de ces sources législatives sont également considérées dans les autres écoles juridiques sunnites.

Elèves de l’Imâm Mâlik

Si les maîtres de l’Imâm Mâlik furent très nombreux, il en fut de même pour ses élèves. Ce contact privilégié avec l’Imâm Mâlik fut sans doute favorisé par sa présence à Médine, lieu de passage par excellence des pélerins venus prier dans la mosquée du Prophète Muhammad et le saluer dans sa tombe illuminée. Pendant leurs séjours, de durées variables, les étudiants et les savants parmi les pélerins, faisaient connaissance avec les savants de Médine et fréquentaient leurs cercles d’enseignement. La prééminence de l’Imâm Mâlik à Médine fit de lui une référence incontournable pour tout savant ou étudiant vivant à Médine ou y séjournant provisoirement. Par ailleurs, la longue vie que Dieu accorda &agrav! e; Mâlik explique aussi le nombre conséquent de ses élèves. La plupart des Imâms dont l’étoile brilla du vivant de l’Imâm Mâlik étaient ses élèves, originaires de diverses contrées.
Certains de ses maîtres parmi les Successeurs rapportèrent des hadîths de lui. C’est le cas notamment d’Az-Zuhrî, Ayyûb As-Sikhtiyânî, Abû Al-Aswad, Rabî`ah Ibn Abî `Abd Ar-Rahmân, Yahyâ Ibn Sa`îd Al-Ansârî, Mûsâ Ibn `Uqbah et Hishâm Ibn `Urwah.

Certains de ses pairs rapportèrent aussi le hadîth de lui, comme Sufyân Ath-Thawrî, Al-Layth Ibn Sa`d, Sufyân Ibn `Uyaynah, Abû Hanîfah, Abû Yûsuf et de nombreux autres.

Parmi ses élèves citons enfin, le disciple de l’Imâm Abû Hanîfah, Muhammad Ibn Al-Hasan Ash-Shaybânî, et l’Imâm Ash-Shâfi`î.

L’épreuve de la prison

L’Imâm Mâlik vécut sous le Califat des Omeyyades, puis celui des Abbassides. Les historiens rapportent qu’il fut flagellé, châtié et humilié sous le Califat de Abû Ja`far Al-Mansûr, et avancent pour cela différentes raisons.

Selon une opinion, l’Imâm Mâlik enseignait un hadîth établissant qu’un serment prêté sous la contrainte est nul. Al-Mansûr n’aimait pas que ce hadîth soit diffusé, de peur que ses adversaires en profitent pour se débarasser de l’allégeance forcée qu’ils lui avaient prêtée. Il aurait ordonné à l’Imâm Mâlik de ne pas enseigner ce hadîth et le refus de Mâlik aurait entraîné le châtiment qu’il a subi.

Selon une autre opinion, similaire à la précédente, des gens auraient demandé à l’Imâm Mâlik s’il était licite de s’allier à Muhammad Ibn Abî `Abd Allâh Al-Hasan pour se révolter contre les Abbassides, malgré l’allégeance qu’ils avaient prêtée à Abû Ja`far Al-Mansûr… On rapporte qu’il expliqua que cette allégeance fut scellée de façon forcée et que celle-ci était, par conséquent, non avenue. Il leur aurait même recommandé de s’empresser de soutenir Muhammad Ibn Abî `Abd Allâh Al-Hasan… La nouvelle serait parvenue à Al-Mansûr qui fit venir Mâlik, en 147 A.H., et lui infligea l’épreuve du fouet au point que son épaule se déboita.
Selon une autre opinion encore, la raison de cette humiliation, c’est que Mâlik avait donné la prééminence à notre maître `Othmân Ibn `Affân par rapport à notre maître `Alî Ibn Abî Tâlib, que Dieu les agrée tous deux.
Mais l’opinion la plus connue et la plus correcte à ce sujet, c’est que l’Imâm Mâlik enseignait le hadîth établissant que le serment prêté sous la contrainte est nul. Mais il parvint à Ja`far, gouverneur de Médine et cousin du Calife Al-Mansûr, que l’Imâm Mâlik annulait l’allégeance qu’ils reçurent des gens. Certains proches de Ja`far lui recommandèrent d’agir avec prudence car l’Imâm Mâlik jouissait d’un rang élevé auprès du Calife. Ja`far envoya des gens demander à l’Imâm le jugement légal relatif au serment forcé, puis les prit pour témoins, fit venir Mâlik et ordonna qu’il reçoive soixante-dix coups de fouet. La nouvelle se propagea à Médine comme le feu dans la paille et bientôt la ville allait entrer en ébullition sous la colère des Médinois indignés.

L’incident parvint rapidement au Calife, qui exprima à son tour son indignation et affirma ne pas être au courant de cela. Il démit son cousin de son poste de gouverneur et le fit venir de Médine à Bagdad à dos de chameau. En outre, il demanda à l’Imâm Mâlik de bien vouloir venir à Bagdad, mais le juriste de Médine déclina cette demande. Le Calife envoya alors une lettre à Mâlik l’informant qu’il souhaiterait le voir à la prochaine saison de pélerinage. L’Imâm rencontra ainsi le Calife à Minâ. Al-Mansûr le voyant quitta l’endroit où il était assis, s’installa sur un tapis par terre et ne cessa de demander à l’Imâm de s’approcher de lui, jusqu’au point où leurs genoux se touchèrent, pour ainsi manifester son affection pour le juriste médinois. Puis le Calife jura qu’il n’avait guère ordonné ce qui fut, qu’il n’était même pas au courant, et raconta son énorme indignation quand cette fâcheuse nouvelle agressa son ouïe. Il s’excusa auprès de l’Imâm Mâlik et l’informa qu’il avait ordonné que Ja`far soit châtié et humilié. Mais l’Imâm Mâlik loua Dieu, salua son Prophète et dit au Calife qu’il pardonnait à Ja`far pour son lien de parenté avec le Prophète et son lien de parenté avec le Calife.

Puis la conversation se prolongea entre les deux hommes et le Calife aborda les récits des prédécesseurs et des savants, les sujets consensuels en matière de jurisprudence, et les questions qui font l’objet de divergences entre les juristes, au point que l’Imâm Mâlik attesta de sa culture et de son intelligence.

A cette occasion, le Calife demanda à l’Imâm Mâlik de rédiger un ouvrage, adoptant une voie médiane et consignant ce qui fit l’unanimité des Compagnons et des Imâms parmi les savants. Il promit à l’Imâm Mâlik de diffuser cet écrit dans les pays musulmans afin que les gens s’y tiennent.

Les ouvrages de l’Imâm Mâlik

Le plus célèbre ouvrage composé par l’Imâm de Médine, c’est Al-Muwatta’. Il s’agit d’un ouvrage compilant des éléments de la Sunnah purifiée, ainsi que certaines opinions juridiques émises par les nobles Compagnons, les Successeurs et autres savants parmi les pieux prédécesseurs.
On lui attribue quelques autres ouvrages et épîtres comme :

Tafsîr Gharîb Al-Qur’ân Al-Karîm (Interprétation des singularités du Noble Coran).
Kitâb As-Surûr (Le livre de la félicité).
Une épître traitant de la Fatwâ, une autre traitant d’astrologie, et une troisième apportant une réplique aux Qadariyyah (adhérant à la doctrine de la prédestination et du fatalisme).

L’érudit, l’Imâm Jalâl Ad-Dîn As-Suyûtî cita ces ouvrages et quelques autres dans Tazyîn Al-Mamâlik (L’ornement des royaumes). Toutefois, des doutes subsistent quant à l’authenticité de leur attribution à Mâlik.
Mais le livre le plus précieux que ce juriste laissa à la postérité, c’est Al-Muwatta’. L’attribution de ce livre à son auteur relève de la certitude. On relate que l’apparition de nombreuses sectes et la propagation de leurs croyances poussèrent l’Imâm Mâlik à consigner la science qui lui était parvenue, avant qu’elle ne s’évanouisse de génération en génération ou qu’elle ne soit négligée ou oubliée. On rapporte aussi que ce livre fut rédigé à la demande du Calife Abbasside, Abû Ja`far Al-Mansûr. Le Calife voulait que Mâlik rédige un livre accessible où il adopterait une voie médiane et aisée, entre la rigueur outrancière et la souplesse excessive, dans l! es positions juridiques adoptées. Cela aurait motivé le titre même de l’ouvrage Al-Muwatta’…

Mâlik rédigea cet ouvrage pendant plus de dix ans et ne cessa de le mettre à jour et de l’enrichir pendant près de quarante ans. Hârûn Ar-Rashîd lui proposa de l’accrocher à la Ka`bah, à la Mecque Honorée, pour témoigner de ses vertus et pousser les gens à s’y conformer. Mais l’Imâm Mâlik déclina cette offre et justifia son refus en ces termes : « Ô Emir des Croyants, quantà accrocher Al-Muwattâ’ à la Ka`bah, [je ne le souhaite pas], car les Compagnons du Messager de Dieu – paix et bénédictions de Dieu sur lui – divergèrent dans les jugements dérivés et se dispèrent dans les pays, et chacun estime avoir raison. »
C’est ce respect des divergences argumentées et solides en matière de jurisprudence qui poussa l’Imâm Mâlik à se comporter ainsi. Plus encore, Mâlik vit en ces divergences, basées sur des preuves tangibles, une miséricorde pour les serviteurs de Dieu : « Ô Emir des Croyants, la divergence entre les savants est une miséricorde de Dieu envers cette communauté », dit-il.

Il convient de noter que cet ouvrage n’est pas un reccueil de Hadîth au sens classique du terme. Il s’agit d’un ouvrage de Fiqh où l’Imâm Mâlik souhaita exposer les opinions qui relèvent du consensus dans la jurisprudence médinoise, s’appuyant sur des preuves issues de la Sunnah considérée et appliquée à Médine. C’est dans cette perspective qu’il déclina les questions juridiques.

On rapporte que l’Imâm Ash-Shâfi`î dit : « Il n’y a sur terre de livre de science (islamique) plus correct que le Muwatta’ de Mâlik. » L’Imâm An-Nawawî cita cette parole et nota que « Cette opinion d’Ash-Shâfi`î est préalable à la rédaction des deux Sahîh d’Al-Bukhârî et de Muslim. »

Quelques ouvrages célèbres de l’école malékite

Nous citons ci-dessous quelques ouvrages et références de l’école malékite :

Mukhtasar Khalîl de Khalîl Ibn Ishâq Ibn Mûsâ.
Bidâyat Al-Mujtahid wa Nihâyat Al-Muqtasid de Abû Al-Walîd Ahmad Ibn Muhammad Ibn Rushd (Al-Hafîd).
Minah Al-Qadîr `alâ Mukhtasar Khalîl de Muhammad Ibn Ahmad Ibn `Arafah Ad-Desûqî.
Tuhfat Al-Hukkâm de Abû Bakr Muhammad Al-Gharnâtî.
Al-Furûq de Ahmad Ibn Idrîs Al-Qarâfî.
Tabsirat Al-Hukkâm de Muhammad Ibn Farhûn Al-Ya`murî.
Az-Zurqânî `alâ Al-Muwattâ’ de Muhammad Ibn `Abd Al-Bâqî Az-Zurqânî.
Mawâhib Al-Jalîl fî Sharh Mukhtasar Khalîl de Al-Hattâb Al-Maghribî.
At-Tâj wa Al-Iklîl li Mukhtasar Ash-Sheikh Khalîl de Muhammad Al-Gharnâtî.
Al-Musawwâ min Ahâdîth Al-Muwatta’ de Waliyy Ed-Dîn Ad-Dahlâwî.

Décès de l’Imâm

L’Imâm Mâlik tomba malade pendant vingt-deux jours. La nuit de son décès, Abû Bakr Ibn Sulaymân As-Sawwâf vint dans une assemblée lui rendre visite et s’enquérir de son état de santé : « Comment te sens-tu aujourd’hui ? », demanda-t-il au juriste de Médine. Mâlik répondit : « Je ne sais quoi vous dire. Demain, vous verrez du Pardon de Dieu ce que vous n’aviez pas prévu. » Peu de temps après, l’Imâm Mâlik rendit son âme bénie.
Il décéda à Médine le 14 Rabî` Al-Awwal 179 A.H., selon l’opinion la plus correcte, et fut enterré au cimetière d’Al-Baqî`. Puisse Dieu l’agréer et nous faire profiter de sa science dans les deux demeures.

P.-S.

Cette présentation s’appuie sur le 6e volume de Yas’alûnaka fi Ad-Dîni wa Al-Hayâh de Sheikh Ahmad Ash-Sharabâsî. Certaines considérations juridiques s’appuient sur `Ilm Usûl Al-Fiqh de Sheikh `Abd Al-Wahhâb Khallâf.


Notes


[1] Les quatre écoles juridiques sunnites les plus répandues sont : l’école hanafite, l’école malékite, l’école shaféite et l’école hambalite.
[2] Les israëlismes sont des traditions et des idées juives que certaines personnes bien ou mal intentionnées ont tenté au cours de l’histoire d’incorporer dans l’Islam et dans la Sunnah, bien qu’étant en contradiction avec ceux-ci. NdT
[3] Sourate 59, Al-Hashr, L’exode, verset 7.
[4] Sourate 4, An-Nisâ, Les femmes, verset 80.
[5] Sourate 16, An-Nahl, Les abeilles, verset 44.
[6] Sourate 4, An-Nisâ, Les femmes, verset 65.
[7] Un exemple du raisonnement analogique fut mené par les savants pour interdire toute transaction depuis l’appel à la prière du vendredi jusqu’à la fin de celle-ci. En effet, le Législateur interdit explicitement la vente après l’appel à la prière du vendredi : « Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la prière du jour du Vendredi, accourez à l’invocation d’Allah et laissez toute vente. », Sourate 62, Al-Jumu`ah, verset 9. Or la raison d’être de cette interdiction c’est la distraction résultant de ce commerce ; distraction qui empêche le musulman d’accourir, immédiatement, à la mosquée pour écouter le sermon et accomplir la prière. Ainsi, toute transaction – le bail, le troc, etc. – ou oeuvre! qui distrait le musulman d’accourir à la prière du vendredi devient, par analogie, répréhensible.
[8] Sadd Adh-Dharâ’i` consiste à condamner de manière préventive ce qui mène au mal.

 

 

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Recension du Coran

Posted by starweb on nov 12, 2009 in Le Coran

 


assalamu alaykum wa rahmattullah wa barrakattuh


I. Recension du Coran
 

 

 

  • Dès l’époque du Prophète (صَلــَّى اللهُ عَلـَيْهِ و سَلــَّمَ), la recension du Coran eut lieu mais elle était éparpillée.

 

  • La 1ère tentative d’une recension regroupée remonte à Sayyiduna Abû Bakral-Siddîq (رضي الله عنه) après la mort dans la Yamâma de 70 Compagnons qui le connaissaient parfaitement.

 

  • C’est Sayyiduna ‘Uthmân bnu ‘Affân qui achèvera cette tâche. D’où la mention en arabe rasm ‘uthmânî رَسْمٌ عُثمانِيّ ٌ)= vulgate othmanienne) sur chaque exemplaire du Coran.

 

II. Les 4 fondateurs des écoles du Fiqh sunnite
 

 

 

  • Abû Hanîfa (m. 150H= 767) a rencontré 6 Compagnons. Il vécut à Kûfa. Il possédait une intelligence hors du commun. Son école s’est surtout diffusée au Moyen et Extrême-orient (Turquie, Egypte, Syrie, Inde, Pakistan, Indonésie, Malaisie…).

 

  • Mâlik Ibn Anas (m.179H= 795) a vécu à Médine, d’où son surnom d’ « Imam de Médine ». Son école s’est surtout diffusée au Maghreb et en Andalousie, ainsi qu’en irak mais jusqu’à la fin du 7ème siècle de l’hégire seulement.  L’Imam Mâlik a appris l’islam auprès de 900 cheikhs dont 300 tenaient leurs enseignements des Sahaba eux-mêmes et les 600 autres des élèves des élèves des Sahabas. Lors de ses études, il a noté par écrit des quantités très importantes de Hadiths. Ses cahiers faisaient plusieurs tomes. Puis il a trié tous ces hadiths, et a retenu les plus authentiques qu’il a consignée dans son célèbre livre al-Muwatta’ 1 (المُوَطأ). Un second ouvrage intitulé al-Mudawwana 2 (المُدَوَّنـَة) compilé par ses élèves regroupe les questions-réponses entre l’Imam et ses élèves lors des cours qu’il leur dispensait.

 

  • Al-Shâfi‘î (m. 204H= 820) a vécu en Irak puis en Egypte. Son école s’est surtout diffusée en Egypte, en Syrie et au Yémen.

 

  • Ibn Hambal (m. 241H= 855) a vécu à Bagdad. Son école s’est surtout diffusée dans la péninsule arabique, y compris dans les pays du Golfe ; mais cette école, aujourd’hui, tend malheureusement à s’effacer à cause du Wahabisme.

 

 

 III. Présentation d’Ibn ‘Âshir (m.1040H= 1631) et de son poème
 
  • Juriste (faqîh = فـَقِيهٌ) originaire d’Andalousie (sud de l’Espagne). Il vécut à Fès (Maroc).

 

  • Il a composé un poème de 314 vers qu’il a divisé en 3 parties correspondant aux 3 degrés du hadith Jibrîl (voir cour 1).

 

  • Il commence par citer les 3 auteurs sur lesquels il s’est appuyé pour chacune des parties de son poème :

 

· al-Ash‘arî pour les règles de la Croyance

· L’Imam Mâlik pour les règles du Fiqh

· Al-Junayd pour les règles de la spiritualité

 

  • Il expose ensuite sa méthode

 

  • On étudiera uniquement la partie de son poème consacrée au Fiqh.

 

 

Les conditions obligatoires que doit remplir tout musulman pour pratiquer l’islam :

 

a) Être Sain d’esprit

 

b) Être Pubère : les règles (ou la grossesse) pour les femmes, les poils pubiens ou le sperme pour les hommes ; à défaut, l’âge est fixé à 18 ans selon l’avis majoritaire.

 

 

 

 

 

 

 

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Islamic animation

Posted by starweb on nov 11, 2009 in Islamic animation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Anashid – Sur le Prophète Salla Allah alayhi wa Salam

Posted by starweb on nov 11, 2009 in Divers



assalamu alaykum wa rahmattullah wa barrakattuh

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  un amdah merveilleux venant du Maroc dédié à Rassoul Allah


Rassoul Allah


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